Les ruptures d'Icare L.

1993
Les ruptures d'Icare L. 

Quatuor à cordes (1993)

1.  Avec une tendresse infinie
2.  Lent et désespéré
3.  Paisible, mais réflexif
4.  Avec une tendresse feinte

Cette oeuvre fut écrite en 1993 à l'intention du Quatuor Gong, commanditaire et dédicataire de l’ouvrage. Sa composition me permit de mettre en pratique certaines réflexions qui survinrent à l'occasion d'un voyage en Inde du Nord que j'effectuai l'année précédente. A savoir : comment organiser un discours musical articulé autour d'un matériau simple évoluant à travers des phases de distorsions plus ou moins complexes. L'étude de l'ornementation indienne et de son utilisation variée devait me donner la solution. Intégrée et "métabolisée" à travers le filtre de ma propre sensibilité musicale, elle tisse sa trame au gré d'une dialectique en perpétuel mouvement entre pensée harmonique et inharmonique. Dans cette oeuvre l'interaction entre phénomène vertical et ornementation du matériau musical est tel qu'il devient impossible de pousser le discours dans les limites du développement. Dès lors, le seul moyen d'éviter les "dérapages" qui auraient mener l'auditeur dans les territoires de l'anarchie ou de l'ineptie était de promulguer un "état de rupture" à l'occasion d'un moment critique de chacun des trois premiers mouvements. Quant à la quatrième et dernière partie, elle offre l'écoute d'une solution particulière, proposant ainsi un état ultime de distorsion du timbre et s’échappant définitivement des sonorités du quatuor à cordes en guise de liberté métaphorique.

Claude LEDOUX

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