Toccata éolienne

2002

Toccata éolienne                                       

 Le titre quelque peu insolite de cette œuvre rend compte d’un conditionnement technique pré-requis : les étouffoirs des dix cordes les plus graves du piano sont libérés pendant toute la durée de la pièce grâce au mécanisme de la pédale sostenuto (la pédale centrale des pianos à queue modernes). Dès lors, à l’instar de la harpe éolienne des Anciens, ces cordes peuvent vibrer sans intervention manuelle et faire entendre leurs harmoniques (et non pas leur son fondamental).

Par ailleurs, l’adjectif éolien est traditionnellement utilisé pour désigner une échelle modale, le mode de la. Ce mode n’est pas utilisé dans cette composition ; toutefois, elle pourrait être qualifiée de « modale » : le piano fait entendre des groupements pentatoniques qui sont complétés et « colorés » par l’échelle résultante des sons harmoniques jouée par l’alto. C’est l’utilisation des sons 7 et 11, non tempérés, qui est ici particulièrement remarquée.

 Enfin, le terme Toccata a été choisi sans doute parce que l’écriture instrumentale présente par sa profusion un certain caractère baroque ; le terme baroque doit être ici compris dans son sens large même si toutefois l’écriture de la partie de l’alto dans le passage central est une allusion assez directe à la technique baroque des instruments à cordes.

                                                                                     Jean-Pierre Deleuze

Membre(s)
Numéro
1
Durée
0:5:0
Effectif

pour alto et piano

Comment